Dimanche 12 octobre. Aliveri


Je pars courir vers 8h00. Déjà, ça s'affaire sur le port pour l'organisation de la course d'aujourd'hui.


Je fais le même trajet qu'hier en vélo. La route est trop agréable pour me passer de la vue. Les bas-côtés sont plats et me permettent de courir sur un sol bien plus amortissant que le goudron.

Des points de ravitaillement sont déjà en place mais bananes et bouteilles d'eau restent sans surveillance. Une des raisons pour laquelle j'aime la Grèce, c'est qu'on peut retrouver les affaires là où on les pose. Bon, c'est sûr que le dernier i-phone a plus de risque de disparaître que des bananes 😆. J'imagine qu'à Myconos et Santorin, les touristes ont importé la crainte du vol, à moins que ce ne soit désormais l'inverse et que ce sont les touristes qui se fassent voler (d'une façon détournée bien sûr 😁).

En saluant une bénévole seule à son poste de ravitaillement, je lui explique que je voulais participer au 10kms mais que les inscriptions étaient closes. Elle me répond que les inscriptions sont encore prises en compte ce matin. 🤷🏼‍♀️ tant pis, après 2km, c'est définitivement trop tard pour moi.

Sur le retour, j'aperçois le voilier Goyave qui vogue en direction d'Eretria.

Lorsque je retrouve le port, Damien boit son expresso. La fête bat son plein, la voix d'une organisatrice est diffusée par hauts parleurs, si tant est que le micro soit vraiment nécessaire 😅. Hou la la, à voir l'allure pro de certains participants, je finis par ne plus regretter d'avoir couru en solo 😨. Il y a là toutes sortes de coureurs: ceux qui viennent pour gagner (comme ce type au physique athlétique, lunettes aérodynamiques et qui semble être habillé d'une gaine thermoretractable), ceux qui viennent pour se faire voir (un vrai défilé de mode), ceux qui viennent pour l'expérience, ou par défi, ceux pour se faire plaisir, entre amis. C'est très hétéroclite.

A 9h45, ce sont les enfants qui s'élancent. Trop mimis. Leur parcours n'est pas long mais ils sont tellement heureux . La queue du cortège compte les très jeunes, encouragés par leur maman.

Un départ est donné. J'aperçois mr lunettes aérodynamiques thermoretracté qui s'élance bille en tête. Quelle n'est pas ma surprise en comprenant qu'il s'agit du 5kms. Mr est petit joueur pour s'assurer la 1ere place. Je trouve cela tellement ridicule.

Le 10km s'élance en faisant une boucle de 2kms dans les rues avant de repasser sur le port. Les premiers sont déjà en sueur, je me demande comment il est possible de maintenir une telle foulée ! Bravo.

Et des "blavo!", justement, on ne va pas cesser d'en entendre jusqu'à 13h00.

Cette manifestation a rassemblé beaucoup de monde, des familles, c'était très sympa.


Après le repas, mon capitaine se repose car il a ce matin chuté en descendant précipitamment les marches du carré. Il a voulu se retenir mais les mains en arrière, ses épaules n'ont pas bien aimé. Rien de cassé, juste la douleur de l'étirement.


Je pars marcher pour découvrir les vestiges de la mine. Elles se trouvent à 5km. La route est si passante et peu agréable que j'espère trouver un autre trajet pour le retour.

(Hier, j'ai sauvé une tortue d'une mort certaine, elle s'apprêtait à traverser la route entre 2 passages de camions. Elle est rentrée dans sa coquille le temps que je la porte pour traverser, elle était lourde, puis elle s'est déployée pour repartir tranquillement.)

On peut encore distinguer sur le côté de cette route principale, les anciens rails qui permettaient d'acheminer le charbon de la mine au port.

Quelle n'est pas la déception en constatant que le site est fermé, clôturé et sous vidéo surveillance 😒. Décidément, entre une forteresse 2km trop loin et trop haute il y a 2 jours et ce site inaccessible, la marche en devient presque décourageante.

Derrière la grille, une église et de beaux bâtiments, tout à l'air si paisible. Je prends cependant 1 minute pour penser à tous ces travailleurs au dur labeur, à ceux qui ont péri lors d'inondations et éboulements.

Puis je repars et trouve un chemin sur google. Ce que Google ne dit pas, c'est que ça monte raide et qu'une partie du chemin se perd dans la garrigue, une garrigue où seules les chèvres peuvent se faufiler. Plus je m'y enfonce, moins le demi tour n'a de sens. Entre les branches serrées et agressives, le dénivelé les rochers et la large route désagréable, n'y a-t-il donc pas un juste milieu? Je repenserai à ce grand moment de sollitude la prochaine fois que j'aurai envie de pester sur la moindre avenue trop passante a mon goût😉.

Finalement, les bras et jambes egratignés, j'arrive a atteindre les pieds d'un pylône électrique, là où reprend mon tracé.

Je passe devant une immense carrière, propriété de Lafarge. Le chemin qui me mène à la ville est devenu un dépôt de remblais et de detritus en tout genre. Quelle tristesse. La Grèce, dans sa course à l'énergie verte devrait aussi penser à mieux gérer ses déchets.

La ville n'a pas beaucoup de charme. Les rues sont désertées, j'espère que seul le dimanche est responsable de ce calme trop plat. Mais plus je me rapproche de la mer, plus les maisons et immeubles deviennent coquets. Je retrouve un peu d'effervescence avec de nombreux enfants aux jeux et des terrasses remplies de grecs encore à table, il est 17h00.


Une lessive, un nettoyage de pont et il est déjà presque l'heure du repas.

Demain, nous aviserons de notre programme en fonction de la météo (ce devrait être absence de vent et ciel couvert) et surtout des épaules du capitaine.


Kalinichta 🌃