Tinos. Mardi 1er octobre.
Aujourd'hui, Dany nous quitte pour retrouver sa maison, famille et amis cremolans. Encore plus lève tôt que moi (elle me bat a plate couture), elle est déjà prête quand je me lève à 6h30, le lit plié au carré, son sac dans le cockpit, c'est qu'elle est organisée notre Dany 🙂.
Je l'accompagne au ferry, nous quittons Mistral Gagnant à 7h30. Sur le court trajet qui nous sépare de l'embarcadère , nous sommes scotchées par la vision d'un pélican qui traverse la route, plan plan !! La bête est impressionnante et pas farouche du tout. Google nous apprend qu'il s'agit de Petros, la mascotte de Myconos, elevée par un pêcheur . Sans doute Petros en a-t-il eu assez de l'ambiance festive et bruyante de Myconos pour atterir sur Tinos.
Le ferry de Dany est à l'heure. Je la vois me faire un grand signe depuis la passerelle avant qu'elle ne soit engloutie dans le ventre d'acier avec les autres voyageurs. Sa traversée jusqu'à Rafina durera 3h45.
Je repasse au bateau et part pour une grande rando. Je suis de nature prudente mais les récentes disparitions et décès successifs de quelques randonneurs en Grèce me font redoubler de vigilance, vu que je ne suis pas plus forte ni intelligente que les autres. Je pars vetue de mon tee shirt rose fluo, une grande bouteille d'eau, mon chapeau, ma bombe lacrymogène et mon émetteur de hauts decibels et mon telephone chargé. J'envoie mon parcours à Damien et partage avec lui ma position en temps réel. Je ne m'ecarte pas du GR. Heu, que faire de plus?
Il fait bon ce matin, le vent rafraîchit l'atmosphère. Je sors vite de la ville, pas assez toutefois pour me rendre compte que par endroit, le sentier ressemble à une decheterie, avec son lot de plastique, bouteilles, bouchons, gobelets. Et même des cartouches de chasse usagées. Les pigeons sont nombreux ici, j'espère ne pas être prise pour l'un d'eux, un pigeon voyageur😅. Je passe vers un barrage d'eau, mais il est pratiquement à sec. Puis je grimpe. Ça monte. Sûrement parce que durement.
Je débouche vers l'eglise d'un petit village dans laquelle des croyants, âgés, pénètrent. Ils ont été déposés par un bus. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit du monastère orthodoxe de Kechroboudi, où ste Pélagie a vécu et reçu les révélations qui ont permis de retrouver l'icône miraculeuse de la Vierge (aujourd'hui exposée dans la fameuse et immense église Evangelistria de Tinos ville). C'est donc ici aussi un haut lieu de pèlerinage. Je n'aurais de toute façon pas pu entrer à cause de ma tenue vestimentaire.
Le parcours me fait emprunter un morceau de route puis bifurque sur une route bétonnée tellement pentue, que je me félicite de ne pas avoir à l'emprunter dans le sens de la montée, encore plus en voiture! Puis un dédale soigné d'escaliers me permet de traverser le village de Triantaros. Vue superbe sur la mer.
Le balisage me fait traverser la campagne. Il faut être vigilant, les pierres roulent. Je me rends compte que sous l'effet de la chaleur (ce n'est pas le cas aujourd'hui), la fatigue, le vent, il est facile de perdre l'équilibre et chuter d'une hauteur de 2m.
Une chèvre morte gît sur le chemin. J'avais déjà remarqué certains ossements sur les sentiers précédents. La chaine alimentaire fonctionne très bien. D'ici peu, il ne restera de cette pauvre chèvre que quelques os blancs éparpillés.
Je retrouve peu à peu la civilisation au fur et à mesure que je m'approche de la mer. Puis, au détour d'une courbe, sur le sentier bordé d'envahissantes cannes (petites cousines éloignées du bambou), je suis sur le rivage. La baie est magnifique. Je suis tentée par une bonne baignade mais j'ai déjà abandonné mon capitaine depuis trop longtemps. La baignade sera pour plus tard. J'arrive au port à 12h45 après 4h de marche, 17km et 600m de dénivelé, un peu fatiguée mais heureuse de mon petit périple. Un petit plat au resto est le bienvenu.
Gilles nous rejoint. Il se démène pour obtenir le certificat de navigabilité réclamé par les autoritaires grecques. Un plongeur va passer dans l'après-midi prendre photos et vidéos de la coque avec sa GoPro (celle de Gilles) . Espérons que les images soient suffisantes à l'expert qui doit délivrer le precieux sésame. Sans cela, Gilles sera obligé de faire grutter son bateau (pas de moyens de levage sur Tinos) à Ermopoulis...
La journée s'écoule sans temps morts. Nous vidons notre bidon de gasoil de 20l dans le réservoir et je pars à pieds avec notre chariot le faire remplir.
Petite toilette de Mistral Gagnant.
Petite salade partagée avec Gilles.
Et GROS dodo!!