Gialova/Methoni. Dimanche 4 mai.


Nous nous rĂ©veillons Ă  6h00. Cela fait tĂŽt me direz vous pour des vacances. Mais il faut avouer que nous avons dĂ» mal Ă  rester Ă©veillĂ©s le soir et nous endormons tĂŽt. Il fait frisquet ce matin, 16° dans le carrĂ©. Il y a tellement d'humiditĂ© qu'une flaque d'eau s'est formĂ©e sur notre taud.

Nous tombons en panne de gaz pendant que l'eau du petit dĂ©jeuner chauffe. La bouteille entamĂ©e au debut de nos vacances est dĂ©jĂ  terminĂ©e, elle dure plus longtemps habituellement. Ce qui prouve bien que nous avons une fuite de gaz comme je l'ai dĂ©jĂ  signalĂ© Ă  Damien plusieurs fois. Mais avec ses allergies, il ne sent rien du tout.

Nous levons l'ancre Ă  8h00. Le soleil chauffe bien.

Je vais fureter pour cette fuite de gaz . L'odeur semble demarrer de notre coffre interieur arriĂšre, oĂč a lieu la liaison entre la bouteille de gaz (dans un coffre extĂ©rieur) et la conduite de cuivre qui court jusqu'Ă  la cuisiniĂšre. Je me contorsionne pour tenter de voir quelque chose. ObligĂ©e de passer ma tĂȘte par la porte du coffre, sur le dos, je me dis que Damien avec sa souplesse de verre de lampe, ne pourra jamais y accĂ©der. Le gaz Ă©tant trĂšs volatile, il se peut que la fuite ne vienne pas d'ici, seulement l'odeur.... je laisse les affaires hors du coffre pour regarder en arrivant Ă  Methoni.

Il y a plus de houle que de vent. Nous avançons au moteur. Au bout d'un moment, je descends pour voir si de l'eau rentre par l'arriÚre comme la derniÚre fois en navigation.

Et lĂ , en bas des escaliers, horreur đŸ˜±. Des litres d'eau sur le parquet. Nous pensons immĂ©diatement pompe Ă  eau du moteur 😰 Je suis dans le carrĂ© mais incapable d'ouvrir la trappe du moteur tellement j'ai peur du spectacle. C'est Damien qui s'en charge et c'est la mĂȘme dĂ©solation que la derniĂšre fois. En bon capitaine, Damien prend les choses en main. Il s'occupe de gĂ©rer la fuite et moi en bon moussaillon, j'ecoute et m'affaire dans le cockpit: arrĂȘter le moteur, dĂ©rouler le gĂ©nois. Damien rallonge le tuyau de sortie de notre petite pompe electrique pour Ă©vacuer l'eau par l'Ă©vier. Tout est en place pour pouvoir remettre le moteur en route et Ă©vacuer l'eau au fur et Ă  mesure qu'elle arrive. Je suis desormais prĂ©posĂ©e Ă  la pompe, que je branche quand necessaire.Nous approchons ainsi de Methoni. Je suis dans le carrĂ© et aperçois la citadelle un coup sur deux par le hublot latĂ©ral, au grĂ© des vagues. Mon capitaine me suggĂšre de venir profiter du panorama. Oui oui... mais en fait, lĂ , Ă  l'instant T, j'ai plus d'admiration pour notre petite pompe electrique que pour les cĂ©lĂšbres remparts de Methoni...

Nous mouillons dans la baie et rejoignons la plage aprĂšs avoir mis l'annexe Ă  la l'eau. L'ideal serait de louer une voiture pour pouvoir aller chercher une pompe Ă  Kalamata. Mais la serveuse qui nous apporte nos cappuccinos nous dit qu'il faut aller Ă  Pylos pour trouver un loueur de voiture. Elle est drĂŽle ! !

Methoni n'est qu'un lieu de passage, un tout petit village. Les touristes affluent en masse dans les bus, ou en plus petit comité, en voiture, mais de maniÚre générale, ils repartent avec leur propre moyen de locomotion. Il n'y a que 2 marins désabusés en mal de pompe à eau de mer pour vouloir louer une voiture à Methoni.

Il nous faudra donc retourner Ă  Kalamata pour rĂ©parer. Il y a un bon vent portant, nous dĂ©cidons de nous avancer jusqu'Ă  Koroni. Le vent est plein arriĂšre, Damien tangonne le gĂ©nois. On avance bien, du coup, on laisse la grand voile et ses caprices roulĂ©e dans son mĂąt. Nous faisons une navigation plaisante et pĂ©pĂšre jusqu'au dernier cap avant l'entrĂ©e dans la baie de Kalamata, Ă  1h00 de navigation de Koroni. Peu avant le cap, Damien retire le tangon puisque nous allons changer de cap et d'amure. Il prĂ©fĂšre attendre d'avoir passer le cap pour dĂ©rouler la grand voile. Quelle riche idĂ©e đŸ’Ą ! Trop fort mon capitaine! On se prend des vents de 25 Ă  30 noeuds. ObligĂ©s de rĂ©duire le gĂ©nois. L'annexe, que nous avions attachee derriere le bateau semble Ă  tout prix vouloir nous doubler par la droite, lĂ  oĂč le vent la pousse, comme conduite par un excitĂ© invisible boostĂ© aux hormones.

Les mouillages de Koroni sont balayĂ©s par les vents, nous continuons sur notre lancĂ©e jusqu'Ă  Kalamata. Nous avançons entre 5 et 7 noeuds sous gĂ©nois seul. 1/2h avant l'entrĂ©e du port, le vent s'arrĂȘte net. Damien doit remettre le moteur et moi pomper 😁 tout en prĂ©parant notre amarrage Ă  venir, les amarres, les pare battage tous du mĂȘme cĂŽtĂ©. A 19h00, nous nous amarrons sans encombres au quai de la ville. Qu'est-ce qu'il est haut ce quai, la vache!!.

Avant de ranger, nous nous accordons une petite pose apero. Pas la meilleure idée que l'on ait eu, avec 3 noisettes/amandes et 1 cappuccino dans le ventre pour la journée+ le mal de terre (vertiges dûs à une longue expositionau tangage), nous voilà chouette pour revenir au bateau.

Saucisses/petits-pois font notre bonheur.

Demain, nous irons voir si le chip d'à cÎté à une pompe, sinon, il faudra la commander et attendre....

Quelle journĂ©e ! Pas vraiment ce que nous avions prĂ©vu, m'enfin, nous sommes en sĂ©curitĂ©. Comment qu'il disait dĂ©jĂ  Renaud? "C'est de la plaisance, c'est le pied" đŸ€”.

Bonne soirée chers lecteurs