Mercredi 16 avril. Monemvasia


Je fais la grasse mat jusqu'à 7h00!. Damien qui dort depuis 20h00 hier, (après avoir tenté pour la énième fois de regarder son replay sur le paquebot Normandie), se réveille à 7h30. Nous sommes donc en phase ce matin. Mais ça s'arrête vite là. Lui attend 9h00 que les bars ouvrent pour son café, moi, j'enfile les baskets pour aller voir des chutes d'eau (waterfalls), à 7km à l'intérieur des terres.


Je pars avec une drôle d'impression. Mon héros dans mon roman du moment vient de mourir, condamné à mort, et cela au beau milieu de l'histoire!. C'est déjà bien triste et abominable mais à son dernier repas, il avait des gombos !! Il y a une semaine encore, je ne connaissais même pas ce truc et voilà que tel mon condamné, j'ai mangé des gombos hier soir 😱. Est-ce un signe? 🤔.

Bon, je pars et pique rapidement sur la droite, laissant la grande route pour une plus intime, qui se transformera en un large chemin de terre.

Je vire de nouveau, cette fois sur la gauche pour prendre un raccourci. Le chemin est plus étroit mais reste carrossable. D'ailleurs au loin, un pick up est garé, les 4 portières grandes ouvertes avec des sacs, à la base de gravats, épars autour du véhicule. Je repense à mon repas du condamné et aux deux touristes françaises évaporées en juin dernier sur Sikinos. 😒 je le sens pas là. Rien de tel pour inciter à la prudence, et de manière certainement idiote et inutile , je préfère rebrousser chemin et rejoindre celui plus large, et du coût rallonger mon trajet de presque 2 kms.

Je récupère la route goudronnée environ 1km avant les cascades. Je les entends avant d'arriver, un petit canyon profond d'une trentaine de mètres mais d'où sortent, majestueuses, les branches d'immenses platanes. Ils sont colonisés par des lierres grimpants sur pratiquement toute la longueur du tronc. Lorsque j'arrive à l'intérieur du virage en épingle, j'aperçois un banc et tout près, un filet d'eau (pas plus epais que mon index) qui coule sur la roche recouverte de mousse. Je continue sur la route à la recherche d'un sentier pour descendre dans le canyon. Je ne trouve rien. Je regarde sur visio rando, nada. Aucun sentier ni sur la carte, ni sur les applications. Je commence à sourire jaune, 8.5km pour voir couler un filet d'eau! J'ai la même chose au robinet de ma cuisine 😡. Je rebrousse chemin pour revérifier et finit par trouver un étroit sentier caillouteux et en pente raide, un petit essai de quelques mètres me suffisent pour me rappeler que c'est presque dans ces conditions que ma cheville s'est un jour brisée. Ça et mon repas du condamné 😅, et les 2 touristes.... vous l'aurez compris, je suis rapidement sur la route du retour, la goudronnée cette fois. Pas de détours, tout droit vers la mer. Je retrouve mon capitaine avec bonheur, je suis saine et sauve 😅 (je crois qu'il faut que j'arrête de lire des romans policiers).


Damien a marché de son côté, démarché aussi par mail le constructeur du bateau pour avoir un devis de grand voile (la notre est serieusement fatiguée). Il a aussi réparé les feux de navigation, ceux du balcon avant, qui ne fonctionnaient plus. Comme il travaille au dessus de l'eau, il a pris la précaution de tendre un linge en dessous a l'aide de pinces à linge car il y a pas mal de fond et il ne faudrait qu'un tournevis tombe à l'eau 🙂


Un petit apero avec panaskopida et tourte à la volaille achetées à la boulangerie, une pomme 🍎 feront notre repas.


Je "lave" et rince du linge que j'avais mis à tremper hier, Damien va au magasin de bricolage pour acheter une bombe de peinture jaune pour notre ancre ⚓️ et chaîne ⛓️(il nous reste du bleu et du rouge. Pour rappel: bleu a 10m, jaune à 20, rouge à 30, bleu a 40....). Il revient bredouille car le magasin est exceptionnellement fermé depuis 15h00 😒.


Nous visiterons le rocher de Monemvasia demain matin, il fait presque trop chaud cet après-midi! (Désolée, je sais qu'il tombe des cordes chez nous....).

Nous avons remis notre départ, car les vents annoncés pour demain nous sont favorables pour passer le cap Malea mais pas pour rejoindre Porto Kayo, où nous n'avons de toute façon nullement envie de rester coincés, il n'a rien d'autre à nous offrir qu' un abri pour le vent (ce qui est déjà pas mal) et des chèvres . Nous devrions pouvoir partir dimanche.


Le soleil décline vite derrière la haute montagne et le port plonge dans l'ombre dès 18h00. L'extrémité du port bénéficie d'un ensoleillement plus tardif grâce à une brèche dans la montagne. Nous pouvons ainsi prolonger d'une heure le beau temps en s'installant à la terrasse du dernier bar. Nos visages ont pris de sacrées couleurs aujourd'hui ! (Oups, vraiment...désolée 😉)


Yamas🥂