Vendredi 18 avril. Monemvasia.


Le vent a soufflé en rafales cette nuit. Il y a eu un peu de clapot.

Nous n'avons pas entendu notre voisin anglais partir, seul à bord de son deriveur feeling 52. Il nous avait expliqué qu'il avait un bateau guère plus grand que le notre mais que son amie voulait plus grand. Il n'a pas fait dans la dentelle donc (pas loin de 500000€ le beau voilier!). Mais son amie a trouvé du travail, leur relation a pris fin et ses rêves sont partis en fumée. Il s'est retrouvé tout seul sur son grand bateau. Il est aujourd'hui vendu à des Suisses et notre anglais profite de naviguer avant la passation. Il est parti pour Milos ce matin.


Je me prépare pour aller jusqu'à l'église ste Barbara, dans la baie nord de Monemvasia.

Nous entendons des voix fortes et une fois de plus, nous nous faisons la réflexion que les grecs semblent souvent s'engueuler quand ils échangent. De fait, il s'agit bien de 2 pêcheurs grecs qui se houspillent, au point de voir un garde côte intervenir. Au bout d'1/4 d'h, la tentative de négociations a dû échouer, à voir le départ exaspéré de chacun des protagonistes...


Damien et moi partons ensemble. Le port le long des restaurants est vraiment peu profond. Je regarde le cailloux qui me fait chaque fois penser à un bilboquet car l'érosion a fait son œuvre et le rocher semble tenir en équilibre.


J'abandonne mon capitaine à son café luggo et commence à trottiner. Le trajet annoncé est de 11kms mais je peux le réduire à 8 environ en passant par la plage. J'espère juste que je pourrai passer les 2 rivières qui a priori se jettent dans la mer.

Juste avant la plage, 3 chiens roquets arrivent en m'aboyant dessus, sourds aux appels de leur maîtresse âgée. Plus loin, ce sont des campeurs dont les chiens me suivent...pfff.

Je passe comme prevu par la plage, mais le petit km dans le sable mou s'avère fatiguant. Difficile de trouver des passages plus denses. J'ai l'impression de marcher dans 20cm de semoule.... Les 2 rivières sont contenues derrière un banc de sable et ressemblent desormais plutôt à des marais.

Je rejoins la route en passant par un parking bien ombragé, offrant un stationnement de 1er choix aux camping cars. Ils sont 3 à profiter de la sérénité du coin.

Je continue à trottiner jusqu'à l'église ste Barbara, ce petit havre de paix où de petits bateaux de pêche sont mouillés. Le hameau est tranquille. J'étais déjà venue ici lors de notre passage en mai 2023, une fois seule et une 2eme fois avec Dominique, une belge, voisine de ponton.

Je prends le chemin du retour. Le passage par la plage me tente moyennement, la route encore moins. J'opte pour un compromis, celui là même de 2023: des petits chemins entre la route et la plage.

Très sympas, jusqu'à ce qu'un gros chien a la mine patibulaire viennent à ma rencontre. Malgré ma peur, j'adopte une attitude sympathique en lui susurrant de gentils mots et je deviens sa pote pour les quelques mètres où il m'accompagne. Ouf. Je me pose alors la question de quel comportement avoir dans ces cas là : gentillesse ou gros yeux, façon "degage de là". Je ne le sais pas encore mais je vais bientôt avoir ma réponse....

Je retrouve la plage pour une courte distance, puis la route avec les chiens des campeurs puis l'un des roquets de la vieille dame. J'en ai ma claque, je me retourne pour le chasser d'un "tchhhh" accompagné d'un grand pas menaçant. Ça l'effraie une fraction de seconde mais ses 2 copains arrivent à la rescousse et l'un d'eux me niaque le mollet alors que j'avais repris ma route. Les 3 n'arrêtent pas d'aboyer pendant que la vieille dame s'epoumonne en vain pour les faire revenir. Elle finit par venir à ma rencontre et je lui montre que son chien m'a mordu. "Afto?" (Celui là ? ). "Nai nai, afto". Elle le dispute autant qu'une vieille dame peut disputer l'un de ses petits amours, sans s'excuser. "Afto" n'en mène pas large. Je reprends ma route en colère contre ses chiens et une blessure à désinfecter en arrivant au bateau. Heureusement, à petit chien, petite morsure, douloureuse tout de même ! Moralité, avec les chiens mieux vaut jouer la cordialité que l'exaspération car je pense qu'ils se sont sentis agressés.


Mon capitaine est venu à ma rencontre, je le retrouve à la sortie de la ville. Nous sommes étonnés, il y a énormément de monde sur les terrasses, les grecs semblent avoir commencé les festivités de pâques. Nous passons au bateau et je jette un œil sur les horaires d'ouverture d'un magasin. Et je vois "good friday", les horaires sont susceptibles de changer. 💡Bon sang, mais c'est bien sûr ! Pour les pauvres païens que nous sommes, nous avons ignoré le vendredi saint (pour les chretiens) ou le grand vendredi (pour les orthodoxes), qui commémore le jour de la crucifixion et de la mort de Jésus.

De peur que les magasins ne soient fermés cet après-midi, nous y filons vite fait. Ah bah, le supermarché est au contraire fermé ce matin et ouvre à 13h00. 40mns à attendre, retour au centre ville pour un apero mais les serveurs ne savent plus où donner de la tête. Notre apero se transforme à une petite pause sans avoir pu boire quoique ce soit puis nous repartons au magasin. Les voitures sont garées n'importe comment, il y a du monde.

Enfin, retour au bateau, pommes de rerre sautées et côtes de porc, nous passons à table à 14h30, de vrais grecs 😉.

Le vent s'est mis à souffler fort cet après-midi, il arrive du sud-ouest avec des rafales à 40 noeuds. Nous sommes bien protégés. 

Je ne bouge plus de l'après-midi, avec mes 17kms + 2kms de ce matin, suis un peu cassée. Damien de son côté a pas mal marché aussi.

4 voiliers arrivent pour s'abriter dans le port dans l'après-midi.

Nous avions envisagé de partir demain, mais le passage du cap risque d'être mauvais, avec vent de face et houle résiduelle.

Nous aviserons demain....


Yamas